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Est-ce que je veux un entretient avec Emma Stone pour Marie Claire ? Oh oui, je le veux. Je profite de la folie Emma Stone depuis un moment maintenant. Depuis ‘Superbad’, peut-être ? Depuis le début ? Mais elle m’a vraiment saisi lors des Oscars en 2012. Après ça, j’étais complètement accro. Elle portait une robe écarlate avec un gros nœud, présentant un prix pour les effets spéciaux, et ses talents de comédie étaient bien ficelés. Ben Stiller et Jonah Hill étaient de parfaits hommes disciplinés – un rôle généralement réservé aux femmes pendant que le comique de l’homme brille. Sans costumes ni fioritures ni blagues visuelles, et bien au-delà des talents de comédie de son partenaire, elle a tout déchiré.

L’écriture était adorable, mais la performance faisait tout. [Face au peu d’expérience de Stone qui faisait sa première apparition en tant que présentatrice]. En tant que comique snobe, j’étais officiellement émerveillée. C’est à partir de cet instant que le nom d’Emma Stone a été pour toujours ancré dans ma tête. Puis, au printemps dernier, j’ai eu l’occasion de travailler avec elle pour ce film, ‘Battle of the Sexes’. Toutes mes scènes étaient avec Emma, et j’ai découvert de meilleures choses : Ce petit bout de femme n’est pas seulement ultra-talentueuse ; elle est la plus adorable, la plus réfléchie, et la meilleure affaire de tout le Mississipi.

On sent au travers de l’équipe comme un voyage de carnaval qui se fait dans les meilleures conditions. En partant du département de maquillage et de la coiffure jusqu’au directeur de la photographie – tout est arrivé de ce film ‘La La Land’. Ils semblaient être une véritable famille, voyageant avec Emma de tournages en tournages. Ce n’était pas une simple clique ; c’était une vraie famille. Un qui dit « Hey, viens nous rejoindre ! Nous sommes une bande d’asociaux et tu en fais partie ! ». Et cette atmosphère et cette chaleur commence par une folle, aux cheveux roux, des yeux gigantesques qui sont sources d’amour pur et d’art qui s’appelle Emily Jean Stone. Si nous prenons seulement son deuxième prénom en considération, nous savons qu’elle était destinée à jouer une des plus grandes héroïnes du sport Américain et icône du mouvement de l’égalité des droits.

J’ai entendu l’histoire de comment la jeune Emma Stone âgée de 14 ans a fait une présentation PowerPoint à ses parents pour expliquer pourquoi ils devaient déménager d’Arizona pour Los Angeles en 2004 afin qu’elle puisse devenir actrice. Cela fait parfaitement sens. Ils ont pris la bonne décision. Si vous connaissez ne serait-ce qu’un peu Emma (et, honnêtement, c’est comme ça que je la connais), vous savez qu’elle ne doit appartenir à aucun autre domaine que celui-ci.

Elle adore les films – les regarder et les faire, et juste simplement toutes ses facettes. Ecoutez, jouer dans des films peut être très amusant, mais il y a au-delà beaucoup d’attente entre les scènes, et cette femme semble se dévouer à tous les processus, avec une motivation intense et une immense gratitude. Assez franchement, c’était inspirant d’être à côté. Je décrirais Emma de la même manière que ma mère pour Johnny Carson : elle est intéressante parce qu’elle est intéressée. C’est Emma. J’ai une fois entendu ma grande sœur dire à ses filles, quand elles se plaignaient de s’ennuyer, « Seuls les gens ennuyeux s’ennuient ». Emma Stone, mes amis, ne s’ennuie jamais.

Emma Jean Stone a pris des cours de tennis par Billie Jean King. Est-ce que vous lui avez parlé du drôle de fait que avez le même 2e prénom ?
Je lui ai mentionné ça assez tôt, et je pense que ça nous a liés très rapidement. Notre coach de tennis, Vince Spadea, qui était aussi la doublure de Steeve [Carrell], m’a donné des leçons de tennis tous les jours quand nous étions sur le projet. Mais j’ai rencontré Billie Jean quelques mois avant que nous commencions le tournage. Nous sommes allées sur un terrain à New York, et elle a réalisé que personne auparavant n’avait vraiment joué avec moi ou fait attention à la coordination entre mes mains et mes yeux. Je suis alors devenue un Golden Retriever humain, et elle me lançait juste les balles. Nous devions commencer simplement par ça. Donc, c’était à ça que ressemblaient mes leçons de tennis avec elle. Je jouais à l’attrapeur.

Je vous sens vraiment habitée par elle. Y a-t-il eu pour vous des éléments extérieurs qui vous ont aidé, comme quand vous mettiez ces lunettes, ou y avait-il une seule petite chose en particulier ?
Il y avait plusieurs choses. Je n’avais avant jamais considéré le physique d’une personne ou d’un personnage. Peut-être parce que je n’avais jamais joué de véritables personnes réelles – il n’y avait jamais de personnage qui devait ressembler à quelque chose de très spécifique ou dont les mains devaient bouger d’une certaine manière. Donc c’est cela que j’ai plus travaillé qu’autre chose ; de construire de l’extérieur. J’ai dit à Billie Jean « Je travaille avec une coach de voix tous les jours » et elle a réagi « Pourquoi ? J’ai la même voix ! » et je lui ai répondu « Tu as la même maintenant, mais à l’époque, tu avais cette intonation perchée. Tu étais plus silencieuse. » Et elle m’a dit « Eh bien, nous devions l’être. Le seul moyen que nous avions pour obtenir nos points en tant que femme était de bouger gentiment. Nous ne pouvions pas dire quoi que ce soit trop fort ou avec puissance, jamais. Vous risquiez de faire peur aux gens. » C’était vraiment très intéressant.

Et aujourd’hui, maintenant qu’elle est plus âgée, émotionnellement et physiquement, tout est différent, dans le fait aussi qu’elle vit tout à haute voix. Même si elle a dû faire un grand pas en avant, elle se cache toujours tellement d’elle-même et du monde. [King a senti qu’elle ne pouvait pas révéler qu’elle était lesbienne dans les années 1970. Maintenant à 73 ans, elle a été démasquée en 1981 après que sa partenaire l’ai poursuivie en justice pour une pension alimentaire.]
Absolument. Billie Jean aime parler ; elle parle et parle et parle. Et je lui ai beaucoup parlé. Mais elle était soucieuse à la fin du tournage. Elle me disait « Nous n’avons pas parlé tant que ça au téléphone. Comment as-tu fais pour me connaître si nous n’avons pas autant parlé ? » et je lui ai répondu « Parce que j’ai appris à connaître une version différente de toi. Je devais te connaître à 29 ans. » Il y avait toutes ces choses féroces et inimaginables qui lui arrivaient, et elle en a développé une incroyable résistance. Mais il y avait encore tellement de choses qu’elle gardait encore en elle.

Même si elle parlait de comment c’était vraiment à ses 29 ans, elle en parle avec une perception qu’elle n’avait pas à cette époque.
Complètement. Elle est très ouverte sur combien cette époque était effrayante pour elle, et elle me disait « Je voulais juste que ma vingtaine et ma trentaine se terminent ». Quand vous vous contenez tellement – je veux dire, je peux m’identifier à cela – vous gardez votre vie plus secrète, sur un certain point. Quand vous êtes toujours en train de découvrir qui vous êtes, toute la souffrance qui est associée à tout ça, avec en plus le fait de découvrir qui vous serez dans ce monde, vous ne savez jamais. Elle gardait tellement de choses en elle, et il y avait aussi tellement de choses qu’elle ne pouvait expliquer jusqu’à ce que tout se termine de cette manière terrifiante. Et ensuite elle s’en est épanouie de la manière la plus belle qui soit.

Le sexisme est toujours bien en vie en 2017, et des femmes talentueuses sont encore jugées sur leur physique et sont toujours moins payées pour le même métier, de la même manière qu’elle l’était à l’époque. [En 1973, King gagna son combat pour l’égalité des salaires dans le tennis] Vous n’entendez jamais « Tu es une bonne working dad. Comment arrivez-vous à vous équilibrer » ?
Pour revenir rapidement à Billie Jean, en regardant d’anciennes interviews, cette ferveur n’a pas changé, c’est triste. Toutes les questions pour elle étaient « Quand allez-vous abandonner le tennis et avoir des enfants ? »

C’est ma prochaine question. « Quand allez-vous faire ce que vous êtes destinée à faire sur cette Terre ? » Je déteste cette question aussi. Avez-vous un exemple à donner sur ces décalages dans votre vie ?
Oui, mais je ne peux penser à quelque chose de spécifique. Vous avez un exemple ?

J’ai été payée moins pour les mêmes horaires ; pour la même nuit, au black. La grande excuse était que si vous étiez une femme dans la comédie, le seul moyen pour que vous soyez vraiment comique était de tenir la transcription de votre stand up, pour qu’un homme puisse le faire, et c’était très drôle. On vous disait « Eh bien, Paula Pounstone est une vraie comique, parce que l’homme à ses côtés pouvait dire ce qu’il avait à dire, et ça marche. » Ça m’a pris du temps pour me dire « Oh mon Dieu, je ne peux pas parler de ma putain de vie mais les hommes peuvent ? C’est tellement dingue ; ce sont des salades. » Les gens commencent à dire « Eh bien, les femmes sont à l’écran quand elles sortent avec le personnage masculin, et elles rient seulement si l’homme rit. Si l’homme ne peut pas se reposer sur elle, ce n’est pas bien. » Donc, les choses ont changé, mais je suis aussi plus vieille.

Qu’est-ce que ‘Maniac’ ? [La comédie noire Netflix dirigée par Cary Fukunaga avec Stone et Jonah Hill] Est-ce une série en une seule saison, qui est mon type de série préféré ?
C’est en 10 épisodes. Nous allons la tourner cet automne à New York. Elle prend forme, je ne sais pas encore comment je dois en parler, mais en gros, ça va être énormément de plaisir de travailler avec les personnages.

Y-a-t-il un autre personnage réel qui vous intéresserait ? Vous allez jouer Cruella [dans le film live-action Disney centré sur la méchante des ‘101 Dalmatiens’]
Je viens techniquement de jouer une personne réelle [Abigail Masham, Baronne Masham dans ‘The Favourite’, intrigue sur la cours de la reine Anne, prévu pour l’an prochain.] dans le film dont je reviens du tournage il y a quelques jours.

De tous les personnages que vous avez joués, lequel vous a le plus appris de choses sur vous-même ou dont vous ignoriez auparavant sur vous ?
Je dirais que jouer Billie Jean était un changement. Je suis très nerveuse la plupart du temps quand je communique mes opinions, surtout en public … Elle [Billie] est tellement franche et a tellement de confiance dans la manière de communiquer ce qu’elle croit juste. Etre capable de faire un pas là-dedans était une expérience assez puissante. C’est quelque chose avec laquelle je ne me sens pas vraiment confortable, mais c’était ainsi un des meilleurs côtés de la jouer. C’est un de mes grands combats personnels.

Cela me rend heureuse, parce que déjà, c’est un sujet actuel. Mais ça me rend d’autant plus heureuse car ce serait génial pour le monde si vous, comme Billie Jean King, acceptez votre influence et votre rôle dans ce monde comme une leader. D’accord, prochaine question : Vivez-vous toujours à New York ?
Je vis à New York. Je suis en train de louer une maison pour l’été. Je ne sais pas où je vais bien pouvoir vivre pour le reste de ma vie. C’est une énigme interessante. Mais je réglerai ça dans une autre partie de ma vie, je pense.

Y-a-t-il des endroits à New York que vous adorez, qui font battre votre cœur et vous sentir bien et vous faire penser « Oh mon Dieu, j’aime tellement New York ! » ?
J’adore vraiment New York. Je suis en train de voir comment rétablir ma connexion avec cette ville. Je vais encore et encore dans les mêmes restaurants, et généralement je reste dans le même rayon de bâtiments. Je travaille le plus souvent dans des endroits différents, et ça me rassure d’être dans ces mêmes bâtiments. C’est une expérience de New York très excitante, avec ce sentiment de voisinage que j’aime tellement.

Revenons sur l’égalité des salaires : je connais un comique qui, il était stupide, mais il a marqué un point en disant « Je suis content qu’il n’y ait pas de salaires égaux, parce que les hommes doivent payer le dîner. » Et je lui ai expliqué que ce ne serait pas le cas si, justement, il y avait des salaires égaux. C’est quelque chose qui vient du fait que les femmes ne sont pas payées pareil. C’est parce que les femmes ont ce handicap injuste que cette tradition existe. Mais les gens comprennent difficilement cela. Disons que, quand vous êtes avec quelqu’un, payez-vous, ou est-ce juste celui qui a son portefeuille sur lui ?
Je suis toujours dans cette situation où je veux payer les choses parce que je suis suffisamment chanceuse d’être capable de le faire. Mais je demande toujours au moins de couper en deux. Vous le faites aussi ?

Oui, toujours.
Pensez-vous que c’est anormal de faire ça ?

Non. Je ne donne aucune importance au fait de payer les choses. Je suppose que si j’étais dans une relation, et que je voyais que j’avais tendance à payer, payer et encore payer tout le temps, je penserais « mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? » Mais quand je suis en couple, je paye la moitié du temps, et lui l’autre moitié du temps. Je veux dire par là, que l’on ne mesure pas, c’est comme si on était simplement avec un ami. Je n’arrive pas à voir de romance dans le fait de payer. Je vois la romance dans la romance.

Exactement, moi aussi. Et vous abordez un bon point quand vous parlez des hommes qui payent les dîners, et que c’est un symptôme de ce qu’il se passe avec les femmes et leur salaire. Et c’est encore plus différent si vous êtes une femme qui est payée 80 centimes, voire moins, selon le milieu auquel vous appartenez, au lieu d’un dollar. Si vous n’êtes pas capable de subvenir à vos besoins de manière que le peut un homme pour le même poste, c’est idiot.

C’est drôle, parce que c’est un sujet qui vous préoccupe, et qui me préoccupe aussi. Mais encore un autre symptôme est que vous, en tant que femme, on vous pose toutes ces questions dans toutes ces interviews, que l’on ne poserait pas à un homme.
Les questions que l’on vous pose en tant que femme sont « Comment est-ce de vieillir ? » ou si vous n’avez pas de salaire égal « Qu’est-ce que ça vous fait de faire partie des quelques chanceuses qui sont payées pareil ? » J’ai fait une conférence avec Amy Adams. Un journaliste m’a posé cette même question et elle [Amy] a dit « Cela fait partie du problème, le fait que vous demandiez à nous, les femmes, de répondre à cette question à votre place, et au lieu de demander cela aux gens qui peuvent le changer. » C’est une chose de nous poser cette question, mais les législateurs doivent aussi le ressentir. Tout le monde doit le ressentir. Il y a tellement de pouvoir dans nos voix, et nous devons parler haut et fort. C’est quelque chose que j’ai combattue dans le passé ; mais c’est très difficile de ne pas se sentir galvanisé aujourd’hui, politiquement et mentalement. Le monde s’effondre à bien des égards. Mais c’est difficile d’être la personne à qui on demande sans cesse « Voulez-vous et méritez-vous ce partage ? » Oui, oui, oui.

A quoi vous accrochez-vous en ces temps actuels, où la vérité n’est plus crédible et où tout ce qui avait été remis droit est maintenant chamboulé, et que le progrès a été repoussé en arrière ? A quoi vous accrochez-vous pour rester saine, d’avoir de l’espoir, de continuer à avancer ?
C’est tellement difficile de focaliser son esprit sur toutes ces choses qui se passent en ce moment. La part d’espoir et d’optimisme demeure parce que je suis dans un esprit d’incrédulité. C’est comme si vous étiez au bord d’un précipice, et que quelque chose doive me pousser pour le meilleur, ou tout est perdu. Et je refuse de croire que tout est perdu. Personne ne peut vivre sans combats – pour l’amour, l’humanité et l’égalité, et être ensemble – C’est tellement inspirant de voir ces manifestations et ces beaux écrits et des travaux créatifs. Il y a tellement de gens incroyables dans ce monde qui se soucient et qui veulent donner de la lumière face à tout ce qu’il se passe et ce qu’il peut se passer, pour un futur positif. Donc je suppose que c’est la meilleure chose dans de tout ça.

Oh mon Dieu, Miss Arizona, bonne réponse. Je suis d’accord que la pendule se balance des deux côtés, et comme Mister Rogers dirait « Cherchons ceux qui aident ».
Oh, Mister Rogers, j’adore tellement cette citation. Si vous vous noyez dans l’horreur de ce qui a pu se produire, vous pouvez vous faire dépasser par cela. Et c’est vraiment une leçon de résistance pour tout le monde. Il y a tellement de pouvoir et de grâce qui se dégagent tellement de beaucoup de gens qui ont tellement à perdre, l’esprit humain est incroyable. Cela mérite un combat tous les jours. Et je veux apprendre comment combattre mieux.